GONDRY

GONDRY · Écriture plastique

Écriture

Matière, lumière et mouvement — Une recherche sur l’abstraction

L’œuvre se développe à la rencontre de la peinture, de la photographie et de l’encre, dans une recherche où la matière, la lumière, le geste et le temps constituent les éléments fondamentaux du langage plastique.

Inscrite dans le prolongement des recherches de l’abstraction lyrique contemporaine, cette démarche explore les relations entre la spontanéité du geste, l’organisation des formes et les phénomènes de perception.

L’abstraction n’y constitue pas une rupture avec le réel, mais une autre manière de l’appréhender. Elle révèle des structures, des tensions, des rythmes et des correspondances qui échappent à la représentation immédiate.

Chaque œuvre procède d’un équilibre instable entre intention et imprévu, maîtrise technique et liberté d’expression, présence matérielle et espace immatériel.

La musique, par ses rythmes, ses silences, ses résonances et ses variations, participe à cette réflexion sur les correspondances sensibles entre les différentes formes d’expression.

PHOTOGRAPHIES

La lumière comme matière

La photographie dépasse ici sa fonction descriptive pour devenir un moyen d’exploration de la matière visible et de ses transformations.

Fragments de paysages, textures, reflets, transparences, mouvements et phénomènes lumineux constituent les éléments d’un vocabulaire plastique où l’identification du sujet s’efface progressivement au profit de la composition.

Le cadrage isole, transforme et réorganise le réel. Les variations d’échelle, les tensions chromatiques et les rapports entre netteté et indétermination révèlent des espaces qui oscillent entre abstraction et réminiscence.

L’image photographique acquiert ainsi une autonomie comparable à celle de la peinture abstraite. Elle ne cherche plus nécessairement à représenter un lieu ou un objet, mais à rendre perceptible une énergie, une temporalité ou une sensation.

La lumière devient un événement plastique, une présence qui construit et transforme l’espace.

Abstract — photographie
Découvrir les œuvres →

LAQUES

Le geste, la profondeur et la matière

Les laques s’inscrivent dans une recherche où le geste pictural, l’accumulation des couches et les propriétés physiques de la matière participent directement à la construction de l’œuvre.

La surface devient un espace de tensions et de mouvements. Striations, superpositions, ruptures, transparences et densités produisent une écriture plastique qui se développe entre spontanéité et organisation.

Les variations du geste introduisent des rythmes, des accélérations, des suspensions et des silences visuels.

La matière conserve la mémoire de son élaboration. Chaque intervention modifie les précédentes, crée de nouvelles profondeurs et révèle des relations imprévues entre formes et couleurs.

Cette démarche trouve certaines correspondances avec l’abstraction lyrique et gestuelle, sans se limiter à ses formulations historiques.

La peinture devient alors le lieu d’une expérience physique et perceptive dans laquelle le mouvement se fixe sans perdre entièrement son énergie initiale.

Laque originale — œuvre sur cartonnette, 120 × 80 cm
Découvrir les œuvres →

PHOTOPEINTURES

La métamorphose de l’image

Les photopeintures se situent à la frontière de deux langages : celui de la captation photographique et celui de la construction picturale.

L’intervention de la peinture à l’huile sur le tirage photographique transforme l’image initiale en une matière de recherche. Formes, couleurs, textures et structures se recomposent dans un espace où les distinctions traditionnelles entre photographie et peinture perdent leur évidence.

La réalité photographiée n’est plus une finalité. Elle constitue un point de départ, une matrice susceptible de produire de nouvelles organisations visuelles.

Cette hybridation introduit une temporalité particulière : celle de l’instant photographique confronté au temps de la transformation plastique.

Les photopeintures interrogent ainsi les relations entre origine et métamorphose, présence et disparition, mémoire de l’image et autonomie de l’œuvre.

Elles prolongent certaines préoccupations de l’abstraction lyrique tout en explorant un territoire distinct, fondé sur le dialogue entre les médiums.

Photopeinture — huile sur photographie, 30 × 30 cm
Découvrir les œuvres →

ENCRES

L’écriture du mouvement et du vide

L’encre engage une relation directe entre le geste, le support et le temps de son exécution.

La fluidité du médium, sa diffusion et ses variations de densité ouvrent un champ d’expérimentation où chaque intervention conserve une part d’imprévisibilité.

La trace constitue simultanément la mémoire d’un mouvement et une forme autonome. Elle établit une relation entre la présence du pigment et les espaces laissés libres.

Le vide ne représente pas une absence. Il participe à la composition, détermine les équilibres et introduit une respiration dans l’organisation des signes.

L’encre permet ainsi d’explorer une économie de moyens où l’intensité expressive ne dépend pas nécessairement de la quantité de matière, mais de la justesse des tensions et des rapports.

Entre écriture abstraite, énergie gestuelle et contemplation, elle ouvre un dialogue avec les traditions calligraphiques et les recherches contemporaines sur le signe.

Encre de Chine sur papier, 50 × 65 cm
Découvrir les œuvres →

UNE RECHERCHE TRANSVERSALE

La peinture, la photographie, les photopeintures et les encres ne constituent pas des pratiques indépendantes, mais différentes modalités d’une même interrogation sur la nature de l’image et les phénomènes de perception.

Le geste, la matière, la lumière, le mouvement et le temps traversent ces médiums, révélant leurs correspondances autant que leurs singularités.

L’œuvre ne cherche pas à imposer une interprétation définitive. Elle propose un espace d’expérience sensible dans lequel chaque regard peut construire ses propres relations entre forme, mémoire, émotion et imagination.

L’abstraction devient alors moins une catégorie esthétique qu’un processus de transformation du visible et une ouverture vers ce qui demeure imperceptible.

Emmanuel Gondry

Artiste plasticien et photographe — une recherche sur la lumière, la matière et leurs métamorphoses.

Origines et processus

Depuis 1990, la photographie argentique constitue l’un des supports de la création, prolongée à partir de 2000 par la photographie numérique. De la prise de vue au développement, de l’épreuve argentique à l’image numérique et parfois à la vidéo, la lumière demeure le matériau conducteur.

La pratique associe photographie, peinture, sculpture, architecture et imagerie de synthèse. Verre, métal, matière photographique, objets construits ou transformés deviennent les points de départ d’une recherche où la matière est explorée, altérée et transmutée afin de produire des espaces visuels inhabituels.

Le travail se développe principalement par séries. Des matières naturelles ou industrielles peuvent être martelées, coupées, fondues, assemblées ou tordues avant de devenir objets d’observation puis images. Traces, fusions et mouvements déplacent ainsi la représentation du réel.

L’œuvre cherche moins à imposer une lecture qu’à ouvrir une trajectoire : un espace de méditation, de rêverie et de perception dans lequel la subjectivité du regardeur participe pleinement à l’image.

Parcours

Artiste plasticien et photographe, Emmanuel Gondry vit et travaille en Normandie. Sa formation en architecture nourrit une attention particulière à la construction de l’espace, aux rapports d’échelle, aux structures, aux matières et à la lumière.

Son travail articule pratiques manuelles et numériques, photographie argentique et numérique, peinture, laque, encre, transformation de matières et image de synthèse.

Pratiques et séries

La recherche se déploie entre photographie, photopeinture, laque, encre et peinture. Chaque médium est abordé comme un champ d’expérimentation sur la lumière, la matière, la transformation et la construction de l’espace.

Parmi les ensembles présentés sur GONDRY.art, les séries Métamorphose alchimique, Humeurs d’hiver, Verre, Encres de Chine et Photopeintures développent des écritures distinctes tout en conservant une même continuité : rendre perceptibles des phénomènes de vibration, de fusion, de reflet, d’altération et de métamorphose.

Voir l’ensemble des œuvres publiées et les pièces actuellement présentées à l’acquisition.

Regards critiques

Les multiples visages du réel

Lorsqu’on détaille la perfection géométrique des cristaux de neige ou des alvéoles d’une ruche, il est permis d’imaginer que l’univers répond à une forme d’intelligence au sein de laquelle le hasard ne serait pas l’unique maître du jeu. Cette question semble au Cœur des interrogations que soulève la démarche artistique d’Emmanuel Gondry et que n’eût pas désavouées Pierre Teilhard de Chardin. Plasticien autant que photographe, Gondry nous introduit dans un monde d’une troublante singularité ou tout peut devenir prétexte à la méditation.

Etymologiquement, pratiquer la photographie, c’est écrire avec la lumière, en faire l’instrument d’une approche qui, selon l’angle d’observation, bouscule la lecture habituelle que nous nous faisons du réel. Ce qui fait la différence entre un photographe et un autre tient justement au décryptage que chaque œil opère en partant du même sujet. A priori, quoi de plus banal, par exemple, qu’une écorce d’arbre, d’un chaos de pierre ou une surface métallique. Mais en jouant à l’infini sur la focale et l’éclairage qu’on y projette, on peut voir le sujet se métamorphosant à loisir et, en magnifiant tel détail, on fera surgir tout autre chose que l’objet paraissait au départ contenir.

En matière de photographie, ce n’est pas l’objectif en lui-même qui fait le créateur, mail bel et bien le regard et l’imagination qui se tiennent derrière le boitier et se trouveront relayés par l’action du labo. Notre perception, nous le savons, ne se montre jamais tout à fait neutre, elle tient compte d’une certaine trajectoire de vie et des centre d’intérêts qui en ont jalonné le cours. Elle est donc la résultante de ce que le photographe a pu vivre et engranger, sans parler de l’intervention imperceptible mais agissante du subconscient. La relation qu’Emmanuel Gondry entretien avec les images est tributaire de sa formation d’architecte et des représentations du cosmos comme du vivant. On peut y ajouter l’expérience de l’imagerie de synthèse. Cela explique, entre autres considérations, son sens particulier de la composition et sa conscience des flux énergétiques qui émanent de la matière, donnée qui, en dépit des apparences, n’est jamais tout à fait inerte. Pour Emmanuel Gondry, tout ce que existe est interconnecté. Il en tire l’argument d’une recherche à laquelle se mêle l’alchimie, cette valeur ajoutée de l’esprit qu’une insatiable curiosité tient sans cesse en éveil, ne parle-t-il pas lui-même de transmutation ?

Travaillant sur le mode sériel, Emmanuel Gondry explore chacun de ses thèmes successifs en vue d’en extraire la quintessence plastique, pour ne pas dire métaphysique, le résultat il faut l’admettre, se révèle tout à fait stupéfiant tant il met en question notre appréhension de la réalité visuelle. Partant d’un ensemble de données matérielles objectives, il en met les lignes et les formes en mouvement, expérience à travers laquelle son côté « visionnaire » entre en scène. Aussi fait-il naître sous nos propres yeux tout un langage mathématique dont l’ordonnance sophistiquée fascine, débouchant sur une dramaturgie en perpétuelle métamorphose, nous entraînant dans une découverte renouvelée du monde et des éléments qui le constituent. N’est-il pas pertinent, à ce propos de rappeler la parenté que l’IMAGE entretient avec la MAGIE ?

Luis PORQUET — Essayiste, Critique d’art

Photographie et métamorphose

Une fine plume du siècle dernier déclara doctement que la photographie tuerait la peinture ! On a vu ce que cela a donné ensuite, tandis que des Cassandres actuels annoncent la photographie enterrée par l'informatique. Or, il est patent que nos photographes contemporains ont su régénérer leur art plus encore qu'auparavant, en retravaillant leurs clichés et en obtenant ainsi des œuvres étonnantes, d'une fraîcheur et d'une poésie incomparables.

Emmanuel GONDRY est l'un des plus doué parmi la jeune génération des artistes-photographes : il s'est affranchi de la convention et des habitudes, sans toutefois renier sa source réaliste par sa façon de dynamiser la lumière, la matière, les couleurs, et son audacieuse manipulation de la chimie, de la macro, des ressources de l’optique. Tous ces éléments lui permettent une fascinante créativité qui poétise l'inconcevable et anime des effets incroyables.

Ainsi, l'informel recrée des êtres, des sites d'une poésie magique, pleine d'élégance, que seule la nature terrestre ou sous-marine est capable d'inventer et pourtant de montrer avec tant de parcimonie. Emmanuel GONDRY a reçu le privilège quasi-miraculeux de métamorphoser le tangible, et d'amener chaque observateur à rêver et à s'interroger, face à ses tirages, tout en y puisant d'étranges souvenirs ou des visions imaginaires d'une bouleversante pureté.

André RUELLAN † (1931–2016) — Critique d’art

Expositions et références

Galerie Duchoze Art contemporain

Résidence Les Hautes Bruyères — exposition / conférence

Brasserie de la Mairie — Bonsecours

Salon de Vandrimare · Hivernales de Bonsecours

Quadratum · Trans photographie Bonauxilienne · Salon artistique de Saint-Aubin-Épinay · interview France 3 Haute-Normandie Rouen Métropole

Galerie Styrge — Rouen

Bang & Olufsen — Rouen · Banque CIN — Darnétal

Galerie Atelier 9 — Le Petit-Andely

Ligne Roset — Rouen

Librairie Le Lotus — Rouen

Collections privées mentionnées dans le CV : France, Belgique, Allemagne, Suède, Brésil.

Bibliographie

Épreuves photographiques, Volume I, Emmanuel Gondry, août 2020 — ISBN 978-2-957-1349-7-7.